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Piscine de Blanquefort : pourquoi le coût a bondi en 2024

Ouverte en janvier 2024, la piscine intercommunale de Fongravey à Blanquefort a accueilli près de 92 000 passages sur l’année. Son budget progresse fortement, mais l’analyse doit distinguer taille, personnel, fluides, recettes et participation de Parempuyre.

Vue intérieure de bassins d’une piscine publique moderne avec lignes d’eau et baies vitrées lumineuses
Vue intérieure de bassins d’une piscine publique moderne avec lignes d’eau et baies vitrées lumineuses — Illustration générée par IA pour Piscine.fm

L’essentiel

  • La piscine de Fongravey a coûté 636 766 € en fonctionnement en 2024, contre 387 500 € pour l’ancien équipement en 2023, soit +64 %.
  • Avec 40 197 entrées publiques et 51 630 entrées scolaires ou de clubs, l’équipement a totalisé 91 827 passages en 2024.
  • Les recettes de fonctionnement ont atteint 242 547 € en 2024. Elles progressent avec la fréquentation, sans couvrir à elles seules le service public.
  • Les fluides représentent 367 671 € en 2024. Eau, chauffage, ventilation et filtration expliquent le poids structurel de ce poste.
  • Parempuyre participe à hauteur de 172 158 € au fonctionnement et de 500 000 € à l’investissement, ce qui répartit l’effort entre communes.

La piscine intercommunale de Fongravey, à Blanquefort, a ouvert le 6 janvier 2024 avec une ambition claire : offrir davantage de capacité d’accueil et de créneaux à un territoire qui manquait d’équipements aquatiques. Le bilan de sa première année complète explique le débat budgétaire : la fréquentation a nettement augmenté, mais les dépenses de fonctionnement aussi.

Le coût annuel annoncé pour 2024 atteint 636 766 euros, contre 387 500 euros en 2023 pour l’ancien équipement, soit une hausse de 64 %. Ce chiffre ne suffit toutefois pas à conclure qu’une piscine serait « trop chère ». Une piscine publique ne se résume pas à son prix d’entrée : elle assure l’apprentissage de la nage, accueille les écoles et les clubs, propose un service de proximité et doit maintenir un niveau élevé de sécurité, de qualité d’eau et de confort.

636 766 €

coût de fonctionnement annoncé en 2024

91 827

entrées publiques, scolaires et clubs déclarées

242 547 €

recettes de fonctionnement en 2024

172 158 €

participation de Parempuyre au fonctionnement

Un équipement plus vaste, conçu pour des usages simultanés

La différence première entre l’ancienne piscine et Fongravey tient à l’offre proposée. Le nouvel établissement compte deux bassins, là où un équipement plus réduit impose souvent de faire cohabiter, sur une même ligne d’eau, nage sportive, leçons, groupes scolaires, aquagym et baignade familiale.

Deux bassins ne signifient pas seulement davantage de surface d’eau à chauffer et à traiter. Ils permettent aussi de séparer les usages : un créneau scolaire ou associatif peut se tenir sans fermer totalement l’accueil du public. Cette organisation améliore la disponibilité réelle de l’équipement, mais elle exige davantage de surveillance, de nettoyage, de régulation de l’eau et de coordination des plannings.

La piscine de Fongravey propose également une accessibilité renforcée pour les personnes à mobilité réduite et une amplitude d’ouverture plus large. Ces éléments répondent à un enjeu de service public, mais ils ont une conséquence directe : plus un bâtiment est ouvert longtemps, plus ses coûts de personnel, d’énergie, d’entretien et de traitement de l’eau sont susceptibles d’augmenter.

Ce que mesure vraiment la fréquentation

Une entrée scolaire, une séance de club et une entrée publique ne financent pas l’établissement de la même manière. Elles témoignent néanmoins toutes de l’utilisation du bassin et de sa contribution à l’accès à la natation sur le territoire.

Des effectifs renforcés pour surveiller et faire fonctionner les bassins

Le changement d’échelle se lit aussi dans les effectifs. L’accueil est comptabilisé à hauteur de 2,7 postes, contre 2,3 auparavant. L’établissement dispose de six maîtres-nageurs sauveteurs, contre quatre pour l’ancienne piscine, ainsi que d’un chef de bassin.

Ce renfort ne relève pas du confort administratif. Dans une piscine publique, les maîtres-nageurs assurent la surveillance des baignades, organisent les secours, encadrent les activités et peuvent intervenir auprès des scolaires ou des groupes. La présence d’un responsable de bassin facilite la gestion des flux, des zones de baignade et des incidents d’exploitation.

Chaque établissement doit adapter son organisation aux bassins ouverts, au nombre d’usagers, aux activités et aux publics accueillis. Le POSS formalise notamment les moyens de surveillance et de secours. Augmenter les créneaux et multiplier les usages implique donc, en pratique, de dimensionner les équipes en conséquence.

Ce qu’un effectif renforcé apporte

  • Une surveillance plus adaptée à deux bassins et à des publics variés.
  • Davantage de créneaux pour les écoles, les clubs et le grand public.
  • Une capacité accrue à encadrer les activités et à gérer les imprévus.

Ce que cela coûte

  • Une masse salariale durablement plus élevée qu’avec un bassin unique.
  • Des remplacements et une organisation plus complexes lors des absences.
  • Un budget à maintenir même lorsque la fréquentation baisse ponctuellement.

Pourquoi les fluides pèsent autant dans le budget d’une piscine

Le poste des fluides — eau, électricité et gaz — s’élève à 367 671 euros en 2024, en hausse de 40 % selon les données communiquées. Ce niveau est cohérent avec le fonctionnement d’un équipement aquatique plus grand et davantage sollicité : une piscine doit maintenir une eau à température, renouveler et filtrer en continu, ventiler les espaces humides, chauffer les locaux et assurer le traitement sanitaire de l’eau.

La dépense ne dépend pas uniquement du nombre de baigneurs. Le volume d’eau, la surface des bassins, les températures de consigne, la qualité de l’isolation, la performance de la ventilation, les horaires d’ouverture, la météo et le mode de chauffage font varier fortement la facture. À cela s’ajoutent les lavages de filtres, les douches, les sanitaires et le renouvellement d’eau réglementaire.

Une piscine neuve peut intégrer des équipements plus performants qu’un bassin ancien, sans pour autant afficher immédiatement une baisse de dépenses en euros. Si elle est plus grande, davantage ouverte et beaucoup plus fréquentée, sa consommation totale peut progresser tout en étant mieux maîtrisée par baigneur ou par heure d’ouverture.

Le piège des comparaisons trop rapides

Comparer deux factures d’énergie ne permet pas, à lui seul, de conclure qu’un équipement est plus ou moins sobre. Il faudrait connaître les surfaces d’eau, les volumes, les températures, les heures d’ouverture, les usages et les équipements techniques des deux piscines.

Fréquentation et recettes : les chiffres qui changent l’analyse

La nouvelle piscine a comptabilisé 40 197 entrées publiques en 2024, contre 15 000 pour l’ancienne piscine en 2023. Elle a également enregistré 51 630 entrées réservées aux scolaires et aux clubs. L’ancien équipement avait accueilli 26 000 entrées scolaires l’année précédente.

Au total, 91 827 passages sont déclarés en 2024, ce qui rejoint le seuil symbolique des 90 000 entrées sur une année. Les périmètres détaillés des entrées réservées ne sont pas strictement identiques d’une année sur l’autre, mais le constat est net : la capacité d’usage de l’équipement a fortement progressé.

Évolution des principaux indicateurs entre l’ancien et le nouveau site
Indicateur2023, ancienne piscine2024, piscine de Fongravey
Coût de fonctionnement387 500 €636 766 €
Dépenses de fluidesNon détaillées367 671 €
Entrées publiques15 00040 197
Entrées scolaires et clubs26 000 entrées scolaires51 630 entrées réservées
Recettes de fonctionnementNon détaillées242 547 €

Les recettes de fonctionnement atteignent 242 547 euros en 2024, soit une hausse annoncée de 226 % par rapport à l’année précédente. Elles ne couvrent pas l’intégralité des dépenses : c’est habituel pour une piscine municipale ou intercommunale, dont une part de la mission est d’assurer un accès abordable à la natation, notamment pour les enfants et les associations.

Rapporté aux 91 827 entrées déclarées, le coût brut de fonctionnement représente environ 6,90 euros par passage. Après déduction des recettes de fonctionnement, il reste environ 4,30 euros par passage à financer avant prise en compte des autres concours financiers. Cet indicateur est utile pour suivre une tendance, mais ne doit pas être confondu avec le prix réel d’un ticket : il agrège des publics et des modes de financement différents.

La participation de Parempuyre réduit la charge supportée par Blanquefort

La piscine est intercommunale dans ses usages et dans une partie de son financement. Parempuyre contribue à son fonctionnement à hauteur de 172 158 euros. La commune a aussi apporté 500 000 euros au titre de l’investissement.

Cette distinction est essentielle. L’investissement finance la construction ou les équipements durables ; le fonctionnement couvre, année après année, les agents, les fluides, la maintenance, les produits de traitement et les services nécessaires à l’ouverture. Mélanger les deux catégories rendrait le débat illisible.

Le bon niveau de lecture n’est donc pas le seul coût affiché dans le budget de Blanquefort, mais le coût net effectivement porté par les collectivités après recettes et participations prévues. Pour les habitants des communes partenaires, ce partage peut aussi éviter de devoir financer séparément plusieurs petits équipements moins disponibles ou vieillissants.

Un budget de piscine se lit en trois étages

Il faut distinguer l’investissement initial, les dépenses annuelles de fonctionnement et les financements qui viennent les compenser : tickets, abonnements, locations de lignes d’eau, participations des communes partenaires et subventions éventuelles.

Comment juger durablement le coût d’un centre aquatique

La première année d’ouverture constitue un repère, pas un verdict définitif. La fréquentation se stabilise progressivement, les équipes ajustent les horaires, les réglages techniques se précisent et les contrats d’énergie peuvent évoluer. Une lecture utile doit suivre plusieurs indicateurs pendant plusieurs exercices, sans se limiter à la dépense totale.

  1. Comparer des périmètres identiques. Mettre face à face des années complètes, avec les mêmes catégories de dépenses et les mêmes usages comptabilisés.
  2. Rapporter le budget à l’activité réelle. Suivre le coût par entrée, mais aussi par heure d’ouverture, par bassin disponible et par créneau scolaire.
  3. Isoler les postes qui dérivent. Les fluides, la masse salariale, les réparations et les produits de traitement n’évoluent pas pour les mêmes raisons.
  4. Mesurer le reste à charge territorial. Déduire les recettes et les participations des communes partenaires avant d’évaluer l’effort réellement financé par la collectivité.
  5. Suivre la qualité de service. Une piscine publique se juge aussi à l’accès des scolaires, à la continuité des ouvertures, à l’inclusion et à la disponibilité des créneaux de nage.

À Blanquefort, un coût plus élevé mais un service beaucoup plus utilisé

La hausse du budget de Fongravey s’explique d’abord par une piscine plus grande, deux bassins, des horaires élargis, des effectifs renforcés et des dépenses de fluides élevées. Elle accompagne surtout une fréquentation très supérieure à celle de l’ancien équipement et une progression marquée des recettes.

Le sujet n’est donc pas de savoir si une piscine neuve coûte plus cher en valeur absolue : c’est souvent le cas lorsqu’elle élargit ses missions. L’enjeu est de vérifier, dans la durée, que les dépenses restent maîtrisées au regard de la fréquentation, des besoins scolaires et associatifs, des recettes et du partage financier entre les communes qui bénéficient du site.

Questions fréquentes

Pourquoi la nouvelle piscine de Blanquefort coûte-t-elle plus cher que l’ancienne ?

La piscine de Fongravey accueille davantage de publics et fonctionne avec deux bassins, des horaires plus étendus et des équipes renforcées. Son coût de fonctionnement atteint 636 766 € en 2024, contre 387 500 € en 2023 pour l’ancien équipement. Les dépenses de fluides, incluant notamment l’eau, l’énergie et le gaz, pèsent à elles seules 367 671 €.

Combien d’entrées a enregistré la piscine de Fongravey en 2024 ?

L’établissement a comptabilisé 40 197 entrées publiques et 51 630 entrées réservées aux scolaires et aux clubs, soit 91 827 passages déclarés sur l’année 2024. Ce total est très supérieur à la fréquentation relevée en 2023 dans l’ancienne piscine, qui comptait 15 000 entrées publiques et 26 000 entrées scolaires.

Les recettes des entrées couvrent-elles le coût de la piscine de Blanquefort ?

Non. Les recettes de fonctionnement ont atteint 242 547 € en 2024, alors que le coût de fonctionnement annoncé s’élève à 636 766 €. Cet écart est habituel pour une piscine publique : les tarifs ne financent généralement pas seuls l’apprentissage scolaire de la nage, la surveillance, les créneaux associatifs et l’ouverture au grand public.

Qui finance le fonctionnement de la piscine intercommunale de Fongravey ?

Le financement repose sur les recettes de fonctionnement, sur le budget de la collectivité et sur la participation de communes partenaires. Parempuyre a contribué à hauteur de 172 158 € au fonctionnement. Elle a également versé 500 000 € pour l’investissement, une enveloppe distincte des dépenses annuelles nécessaires à l’ouverture et à l’entretien du site.

Comment comparer le coût de deux piscines municipales ?

Il faut comparer des années complètes et des périmètres identiques, puis rapporter les dépenses à l’activité réelle : nombre d’entrées, heures d’ouverture, créneaux scolaires et associatifs, bassins accessibles. Le coût par entrée est un indicateur utile, mais il doit être complété par les recettes, les participations intercommunales, la qualité du service et les obligations de surveillance.

La rédaction de Piscine.fm

Journalistes et spécialistes de l'univers de la piscine, nous vérifions chaque chiffre, chaque norme et chaque protocole avant publication.