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À Chauny, l’Oasis prépare sa transition énergétique

Trente ans après son inauguration, l’espace aquatique l’Oasis de Chauny envisage une évolution énergétique. Géothermie et solaire figurent parmi les pistes évoquées. Au-delà du cas local, cette réflexion éclaire les solutions qui permettent aux piscines publiques de réduire durablement leurs besoins en énergie.

Hall de bassin d’une piscine municipale avec toiture vitrée et équipements techniques de ventilation discrets
Hall de bassin d’une piscine municipale avec toiture vitrée et équipements techniques de ventilation discrets — Illustration générée par IA pour Piscine.fm

L’essentiel

  • L’espace aquatique l’Oasis de Chauny, inauguré le 20 novembre 1994, a célébré ses 30 ans en 2024 avec une réflexion sur son avenir énergétique.
  • La géothermie et les panneaux solaires sont deux pistes envisagées, mais elles ne remplacent pas un audit complet des besoins du bâtiment.
  • Dans une piscine publique, chauffer l’eau ne suffit pas : ventilation, déshumidification, filtration et réseaux pèsent aussi lourd dans le bilan.
  • La première économie vient de la sobriété technique : réglages, récupération de chaleur, isolation des réseaux et suivi précis des compteurs.
  • Toute rénovation doit préserver les exigences sanitaires, la qualité de l’air intérieur et le confort thermique des baigneurs.

L’espace aquatique l’Oasis, à Chauny, a été inauguré le 20 novembre 1994 par Marcel Lalonde, alors maire de la ville. Trente ans plus tard, l’anniversaire de l’équipement ne se résume pas à un regard sur son histoire : il ouvre aussi une réflexion sur son avenir énergétique. La géothermie pour chauffer le site et des panneaux solaires en toiture font partie des pistes envisagées pour réduire la dépendance aux énergies fossiles.

Le sujet dépasse largement un seul établissement. Une piscine municipale est un bâtiment particulièrement exigeant : il faut maintenir l’eau à température, chauffer l’air, renouveler l’air chargé d’humidité, faire circuler et filtrer l’eau, alimenter l’éclairage ainsi que les équipements de traitement. Réduire ses dépenses et ses émissions suppose donc de travailler sur l’ensemble du système, sans jamais compromettre la qualité sanitaire de l’eau ni le confort des baigneurs.

30 ans

d’existence célébrés par l’Oasis en 2024

20 novembre 1994

date de l’inauguration de l’équipement

2 pistes

évoquées : géothermie et solaire

Pourquoi une piscine publique est si énergivore

Dans un centre aquatique, le chauffage de l’eau n’est qu’une partie de l’équation. L’évaporation à la surface des bassins emporte beaucoup d’énergie. Elle augmente en présence de jeux d’eau, de cascades, de nage à contre-courant ou lorsque la température de l’air est mal réglée. Cette humidité doit ensuite être extraite par la centrale de traitement d’air, tout en évitant les courants d’air et la condensation sur la structure.

La filtration fonctionne de longues heures, voire en continu selon la conception du site et sa fréquentation. Les renouvellements d’eau, les lavages de filtre, les douches, les vestiaires et l’eau chaude sanitaire complètent le bilan. C’est pourquoi un projet de rénovation pertinent ne consiste pas seulement à changer la chaudière : il cherche d’abord où l’énergie est perdue, puis comment couvrir le besoin restant avec une source plus sobre.

Un diagnostic avant les équipements

Deux piscines de même surface peuvent avoir des consommations très différentes. L’âge du bâti, le type de ventilation, la température des bassins, les horaires, la fréquentation et l’état des réseaux comptent autant que la technologie de chauffage choisie.

À Chauny, deux leviers renouvelables à étudier

Pour l’Oasis, la géothermie est envisagée comme une solution de chauffage. Le principe est de prélever des calories dans le sol ou dans une nappe, puis de les valoriser au moyen d’une pompe à chaleur. Le solaire est également à l’étude, avec l’idée d’utiliser les grandes surfaces de toiture qu’offrent souvent les équipements aquatiques.

Ces deux options ne répondent pas exactement au même besoin. La géothermie vise une production de chaleur relativement stable au fil des saisons, sous réserve des caractéristiques locales du sous-sol et des autorisations nécessaires. Le photovoltaïque produit de l’électricité, utile notamment pour les pompes, la ventilation et les autres usages électriques, avec une production qui varie fortement selon l’ensoleillement. Des capteurs solaires thermiques, distincts des panneaux photovoltaïques, peuvent quant à eux contribuer directement à chauffer de l’eau, surtout lorsque le besoin coïncide avec les périodes ensoleillées.

Les principales solutions pour abaisser le bilan énergétique d’une piscine publique
LevierCe qu’il peut couvrirPoint de vigilance
Géothermie avec pompe à chaleurChauffage de l’eau, de l’air et de certains locaux, selon le dimensionnementÉtude du sous-sol, investissement initial et adaptation du réseau de chauffage
Solaire photovoltaïqueUne partie des consommations électriques du siteToiture disponible, portance, autoconsommation et production saisonnière
Solaire thermiquePréchauffage de l’eau ou eau chaude sanitaireProduction maximale l’été, maintenance et intégration hydraulique
Récupération de chaleurValorisation de la chaleur extraite de l’air humide ou des eaux rejetéesÉtat de la centrale d’air et faisabilité technique sur l’existant
Pilotage des installationsRéduction des consommations inutiles de filtration, ventilation et éclairageRéglages suivis, capteurs fiables et formation des équipes

Géothermie ou solaire : des solutions complémentaires, pas interchangeables

La question n’est pas de désigner une technologie gagnante, mais de l’associer au bon usage. Une piscine a besoin de chaleur toute l’année, y compris lorsque le rayonnement solaire est faible. La géothermie peut offrir une réponse régulière à ce besoin de fond. Le photovoltaïque peut en parallèle réduire l’achat d’électricité au moment où les équipements tournent, tandis que le solaire thermique peut être pertinent dans certains projets de préchauffage.

Ce que la géothermie peut apporter

  • Une source de chaleur locale et peu dépendante de la météo quotidienne.
  • Une production potentiellement utilisable en hiver, lorsque le chauffage est le plus sollicité.
  • Un bon complément aux pompes à chaleur et à une rénovation des réseaux.

Ce que le solaire impose d’anticiper

  • Une production électrique ou thermique variable selon la saison et l’ensoleillement.
  • Une vérification de la structure, de l’étanchéité et de l’orientation de la toiture.
  • Un dimensionnement cohérent avec les consommations réelles du bâtiment.

Dans tous les cas, la meilleure énergie reste celle qui n’a pas à être produite. Avant de multiplier les générateurs, la collectivité gagne à examiner l’isolation de l’enveloppe, les déperditions des réseaux, les réglages de température, l’efficacité de la déshumidification et la récupération de chaleur. C’est cette combinaison qui détermine la pertinence économique et environnementale d’un programme de travaux.

La rénovation doit préserver la qualité de l’eau et le confort des usagers

Une piscine publique est soumise à des obligations sanitaires strictes. L’arrêté du 7 avril 1981 modifié encadre notamment la qualité des eaux de baignade artificielles, leur traitement et leur contrôle. Le renouvellement et la filtration ne sont donc pas des variables d’ajustement budgétaires : une baisse de consommation ne doit jamais se traduire par une eau moins bien traitée ou un air intérieur dégradé.

Sobriété ne veut pas dire sous-traitement

Dans un établissement recevant du public, les réglages énergétiques doivent rester compatibles avec les exigences sanitaires, les contrôles réglementaires et la sécurité des baigneurs. L’optimisation consiste à supprimer les gaspillages, pas à réduire les fonctions indispensables.

Le confort compte aussi. Une eau trop froide décourage les familles, les scolaires, les seniors et les pratiquants d’activités aquatiques. À l’inverse, une température d’air mal ajustée ou une hygrométrie excessive accroissent la sensation d’inconfort et accélèrent la corrosion des structures. Une rénovation bien menée cherche donc un équilibre entre usages du bassin, qualité de l’air, confort thermique et maîtrise des dépenses.

La méthode pour passer d’une intention à un projet solide

Les annonces de transition énergétique sont utiles lorsqu’elles débouchent sur une feuille de route chiffrée et vérifiable. Pour une piscine existante, cette démarche passe généralement par plusieurs étapes. Elle permet d’éviter de financer un équipement surdimensionné ou mal raccordé à un bâtiment qui continue à gaspiller l’énergie.

  1. Mesurer les consommations réelles. Relever séparément l’électricité, le chauffage, l’eau et, si possible, les grands postes comme la ventilation et la filtration. Au moins une année complète permet d’identifier les variations saisonnières.
  2. Réaliser un audit technique. Examiner le bâti, les réseaux, les centrales de traitement d’air, les pompes, les échangeurs, les fuites éventuelles et les températures de consigne.
  3. Réduire les besoins avant de produire autrement. Corriger les défauts de régulation, isoler les réseaux accessibles, optimiser les horaires et valoriser la chaleur récupérable.
  4. Étudier les ressources du site. Pour la géothermie, cela implique l’analyse du sous-sol et de la réglementation applicable ; pour le solaire, l’étude de toiture, de l’ombre, de la structure et des consommations électriques.
  5. Comparer des scénarios complets. Les élus doivent examiner l’investissement, les coûts d’exploitation, la maintenance, la durée des travaux, les aides mobilisables et les gains attendus.
  6. Suivre la performance après travaux. Des compteurs et un suivi mensuel sont indispensables pour vérifier les économies et corriger les réglages en conditions réelles.

Ce que les usagers peuvent attendre d’un équipement plus sobre

Pour les nageurs, une transition énergétique réussie ne doit pas signifier un service dégradé. Elle peut au contraire améliorer la régularité de la température, la qualité de l’air dans la halle bassin et la fiabilité des installations. Les travaux doivent toutefois être planifiés avec soin : sur un équipement très fréquenté, les interventions sur la ventilation, les réseaux ou le chauffage peuvent exiger des fermetures partielles ou totales.

La dimension pédagogique évoquée à Chauny a également du sens, à condition de rester concrète. Afficher les consommations évitées, expliquer le rôle de la récupération de chaleur, sensibiliser aux douches raisonnables sans culpabiliser les baigneurs : ces actions rendent visible un système habituellement méconnu. Elles rappellent surtout qu’une piscine publique est à la fois un service de sport, de loisirs, d’apprentissage de la natation et un bâtiment technique complexe.

Le bon indicateur pour les collectivités

Au-delà de la facture globale, suivre les consommations par usage et les rapporter à l’ouverture réelle de l’équipement permet de comparer les saisons et d’évaluer objectivement l’effet d’un réglage ou de travaux.

Un anniversaire tourné vers la durée

L’Oasis a accompagné trois décennies de baignade à Chauny. La réflexion engagée autour des énergies renouvelables pose désormais une question décisive pour de nombreux territoires : comment conserver des équipements accessibles à tous tout en limitant leur vulnérabilité aux coûts de l’énergie ?

La géothermie et le solaire peuvent faire partie de la réponse, mais leur efficacité dépendra d’un projet global : diagnostic précis, baisse des déperditions, équipements adaptés au site, continuité sanitaire et suivi durable des performances. C’est à cette condition qu’une piscine publique peut concilier accueil des baigneurs et trajectoire énergétique plus responsable.

Questions fréquentes

Comment une piscine municipale peut-elle réduire sa consommation d’énergie ?

Elle doit agir sur plusieurs postes à la fois : chauffage de l’eau et de l’air, ventilation-déshumidification, filtration, éclairage et réseaux. Un audit permet d’identifier les priorités, souvent les réglages, les déperditions et la récupération de chaleur. Les énergies renouvelables deviennent plus efficaces une fois les besoins du bâtiment réduits.

La géothermie est-elle adaptée au chauffage d’une piscine publique ?

Elle peut être très adaptée, car une piscine a des besoins de chaleur réguliers pendant une grande partie de l’année. Sa faisabilité dépend toutefois du sous-sol, de la présence éventuelle d’une nappe, des autorisations, du réseau de chauffage existant et du budget d’investissement. Une étude géothermique est indispensable avant toute décision.

Des panneaux solaires peuvent-ils chauffer l’eau d’une piscine municipale ?

Oui, avec des capteurs solaires thermiques, qui produisent directement de la chaleur, ou indirectement avec du photovoltaïque alimentant des équipements électriques. Le solaire contribue davantage quand l’ensoleillement est élevé ; il ne couvre généralement pas seul les besoins annuels d’un bassin intérieur. Il fonctionne surtout comme un complément bien dimensionné.

Pourquoi la ventilation est-elle si importante dans une piscine couverte ?

L’eau des bassins s’évapore en permanence. Sans ventilation et déshumidification efficaces, l’air devient inconfortable, les surfaces condensent et la structure peut se dégrader par corrosion ou moisissures. Une centrale bien réglée peut aussi récupérer une partie de la chaleur contenue dans l’air humide, ce qui réduit les besoins de chauffage.

Une rénovation énergétique peut-elle entraîner la fermeture d’une piscine ?

Oui, selon la nature des travaux. Le remplacement d’une centrale de traitement d’air, l’intervention sur les réseaux de chauffage ou des opérations de forage peuvent nécessiter une fermeture partielle ou totale. Une collectivité peut limiter l’impact en phasant le chantier, en le programmant hors des périodes les plus fréquentées et en informant les usagers suffisamment tôt.

La rédaction de Piscine.fm

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